Le Passe Muraille
Faut-il crucifier Amélie Nothomb ?

Faut-il crucifier Amélie Nothomb ?

Sous ses airs de fée-sorcière belge à la Harry Potter gérant son image à chapeaux de cirque avec une malice de sale gamine, la fine mouche, nièce du savant « bibliste» Paul Nothomb, a  poussé le bouchon  jusqu’à parler au nom du rabbi Iéshouah, le Jésus de nos catéchismes et superstar de cinéma. Mais pour dire quoi ? Lire Soif est la seule réponse à cette question, avec ou sans caution de cette institution littéraire défaillante qu’on appelle le Prix Goncourt.

D’aucuns ont pris la romancière-à-succès de très haut, avec une condescendance toute parisienne qui ne pèse guère à côté de ce qui est vraiment développé dans ce monologue éminemment culotté, parfois pimenté d’ironie ou roulant des formules semblant « téléphonées »  mais recoupant finalement, dans un langage tout simple à la fausse apparence « simplette », les méditations (sur l’incarnation, les miracles, le plaisir, l’amour charnel, la soif d’absolu, le scandaleux sacrifice, le chantage au salut, etc) , de certains commentateurs les plus pénétrants des paradoxes du christianisme, de Thérèse d’Avila à Nietzsche ou de Simone Weil à Vassili Rozanov dans La face sombre du Christ. Bref, avant de dégommer ce livre sur la base de on-dits médiatiques ou mondains, prenez et lisez…