CLAUDE FROCHAUX
POUR LIRE CLAUDE FROCHAUX
ROMANS



– Le Lustre du Grand Théâtre

L’objet fascine et menace à la fois, suspendu au-dessus des têtes comme une épée de Damoclès. L’auteur lui-même y voit la cristallisation d’une angoisse latente qui le hante, figure à valeur psychanalytique. D’une éblouissante, obscure clarté, cette première incursion dans le roman, sans rien de « romand » préfigure des avancées « les yeux fermés », chaque nouvelle étape différant de la précédente.
Seuil, 1967. Réédité à L’Âge d’Homme, Poche suisse, en 1986, No 58.

– Lausanne ou les sept paliers de la folie
Sur un canevas flirtant avec la science fiction, le narrateur explore la charmante cité lémanique dont le climat lui pèse plus qu’il ne le transporte, en compagnie d’une créature assez typique de la marge des année 70. D’une ville assez peu présente, en tant que décor ou personnage, dans la littérature, l’auteur dégage bien l’atmosphère géopoétique.
L’Âge d’Homme, 1970 ; réédité en 1991 avec des images de Pierrette Frochaux.

– Les amis de Pamela Gibson
D’une idée formidable, à savoir l’observation de ce qui se passe dans un fan-club contemporain, entre passion sincère et culte kitsch, le romancier tire un ouvrage très plaisant, même si le lecteur reste un peu sur sa faim. Le romancier se « gobe » moins que l’essayiste et c’est un peu dommage. L’Âge d’Homme, 1976. Réédité en Poche Suisse, No 186, en 2000.
– Aujourd’hui je ne vais pas à l’école
Monologue échevelé d’un rebelle de la première heure, ce livre tonique tient autant de l’autofiction que du roman-pamphlet, annonçant à l’évidence le grand flux polémique des essais à venir. « L’écriture est une vitesse », écrivait ailleurs Claude Frochaux, qui le vit littéralement en l’occurrence, avec quel bonheur communicatif !
L’Âge d’Homme, 1982. Prix Schiller 1983.
ESSAIS

– L’Homme seul
Il y a de la somme dans ce livre profus et parfois hirsute, relevant de la synthèse non académique développant, sans une note de référence, un aperçu de l’histoire de la culture occidentale de ses tenants moyen-orientaux à ses aboutissants germanopratins. Fondée sur la géographie et la biologie plutôt que sur l’histoire et l’économie, quoique Marx soit l’une de ses références, la vision matérialiste et déterministe de l’auteur se nourrit à de multiples sources mais se fond en unité très personnelle au fil d’une écriture alerte, insolente, voire péremptoire, qui en scelle l’originalité saisissante par delà tous les désaccords qu’elle peut susciter.
L’Âge d’Homme, 1996. Réédité en Poche suisse, Nos 194-195, en 2001. Prix Lipp en 1997.

– L’Homme religieux
Après Regard sur le monde d’aujourd’hui, réactualisant les thèmes de L’Homme seul, ce dernier ouvrage constitue le « credo » de l’auteur, qui rejoint à certains égards les observations d’un Olivier Roy ou les dernières avancées des sciences cognitives sur le cerveau humain et sa créativité. Passionnant en dépit de son caractère parfois « jeté », et n’est-ce pas un plaisir que de ne pas être d’accord avec un interlocuteur si vivant ? LÂge d’Homme, 2008.

A propos de Claude Frochaux


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